Ayant visité des camps de réfugiés palestiniens au Liban, Amber Houssain vous présente, dans son exposition de photographies d’enfants, un tout autre visage des réfugiés.
Ayant des origines libanaises, j’ai toujours voulu mieux connaître le pays d’où venaient mes grands-parents. Après les évènements du 11 septembre 2001, je sentais qu’il m’était d’autant plus important de comprendre les grands enjeux du Moyen-Orient, surtout ceux concernant le Liban.
Les photos que vous verrez dans le cadre de cette exposition sont le résultat de mes quatre mois de bénévolat passés au Liban, dans un centre communautaire de la Vallée de Bekaa. Le centre communautaire est géré par l’Association Najdeh, qui s’occupe de divers centres semblables sur le territoire libanais, tant dans des camps de réfugiés que dans des communautés à large population palestinienne.
La plupart des photos ont été prises dans la communauté où je travaillais, mais d’autres ont été prises dans les camps de réfugiés de Sebra, Shatilla, et Borj El Barajneh.
Il est très difficile pour un enfant palestinien de grandir au Liban. Les Palestiniens ne sont pas acceptés par la société libanaise. Ils n’ont aucun droit civil ou social. Ils n’ont pas accès au service de santé public ni aux services sociaux. La loi libanaise leur interdit de travailler dans la plupart des métiers et professions. Ils sont considérés comme des étrangers sur le sol où ils sont pourtant nés. Par ailleurs, les enfants palestiniens conservent un fort sentiment d’appartenance à leur culture et héritage palestinien. Ils ne veulent pas devenir des citoyens libanais mais grandissent plutôt avec l’espoir de pouvoir retourner un jour en Palestine, une terre que ni eux ni leurs parents n’ont même jamais vu.
J’ai très bien connu certains de ces enfants; avec d’autres, je n’ai fait que passer un bref instant. Peu importe les circonstances de ces rencontres, chacun de ces enfants avait une innocence, une curiosité, une chaleur communicatrice et un enthousiasme débordant, et ce malgré leur environnement.
Depuis mon départ du Liban, j’ai souvent revu mes photos et réfléchi aux personnes rencontrées. Ces enfants continuent de me toucher profondément et me donnent espoir d’un futur meilleur. Leur capacité d’aimer et leur rêve d’un jour retourner pacifiquement en Palestine sont contagieux.
Veuillez noter qu’il vous est possible d’acheter les photographies qui sont exposées. Les profits ainsi réalisés seront remis au CEPAL, l’organisme qui a permis à la photographe de se rendre au Liban pour enseigner l’anglais aux enfants.